Guitare : une question de son

J’exposais il y a peu comment j’avais fabriqué ma guitare, et on m’a demandé à raison ce que ça donnait au niveau du son, puisque quand même, ça reste le plus important (même si elle est super belle, hein, vous trouvez pas ?).

La première fois que je l’ai jouée, à peine finie d’être montée et réglée, même sans faire de comparatif, la mâchoire en est tombée : le son est ample, plein, précis.

Shore-meister et tournevis © Fabien Souilah, sept. 2021
Shore-meister et tournevis © Fabien Souilah

De retour à la maison, je fais quelques prises sur mon ampli pour le projet d’un ami (à venir à l’automne, teasing !) en mettant à profit le micro double bobinage Heat Crusher SP Custom du chevalet pour obtenir un son épais, avec une pédale de saturation. Je n’avais en stock jusqu’alors que des guitares à simple bobinage Fender côté chevalet, et donc au son tranchant (très !) mais sans trop de corps vu que ça n’est pas ce qu’on leur demande. Bref, ça fait rudement bien le job, épais et crémeux à souhait.

Mais la première vraie sortie se déroule durant la résidence de Mona Kazu à Lapéniche (Chalon/ Saône) début septembre, où l’on peut tester en live les guitares que j’ai emmenées : la Telecaster Custom et la Shore-meister, ci-dessous entourées d’une mandoline et d’une guitare baryton.

Photo de famille de la mandoline à la baryton, sept. 2021
Photo de famille de la mandoline à la baryton

C’est aussi intéressant car le son étant amplifié sur le système son de la salle en plus de l’ampli, les caractéristiques sonores des instruments ressortent d’autant mieux. Et là, le constat est sans appel : même ma Telecaster vintage dont j’adore le son est enterrée par la nouvelle venue, notamment du côté du micro manche, un “Charlie Christian” SP Custom pourtant simple bobinage, mais qui “ronronne” merveilleusement tout en gardant une définition sur chaque corde juste impressionnante.
Le comparatif avec la Jazzmaster[1] est forcément intéressant car la Shore-meister est directement inspirée de la première, en supprimant les défauts (chevalet, poids, inclinaison du manche…) tout en simplifiant l’électronique : pas de circuit spécifique plus sourd typé jazz. Et son absence ne se fait pas du tout sentir, les possibilités d’atténuation des aigus et des graves (le 3e potentiomètre) permet une palette sonore large et tout terrain. Ici aussi, elle sort largement gagnante.

Côté plus, également, les mécaniques à blocage simplifient largement les changements de cordes et réaccordages rapides : on enlève la corde cassée, on remet la nouvelle, on la coupe à la longueur voulue, on la bloque, on l’accorde dans les règles de l’art[2] et hop.

Le temps de s’habituer à ses différentes configurations, au manche (que j’ai voulu et façonné assez fin) et au tremolo à la course plus réduite, et la voici devenue guitare principale que j’utilise sur chaque projet !

  • Shore-meister en action © Fabien Souilah
  • Durant le spectacle Soliloque d'une déclassée © Philippe Herry

Il manque juste une chose pour qu’elle soit parfaite : la possibilité de basculer le micro chevalet en simple bobinage (ce qui est possible car déjà prévu sur le micro) pour avoir un son bien tranchant et ouvrir encore davantage la palette sonore. Une évolution à venir ?

Notes

[1] Absente de la photo, mais que j’ai utilisé sur de nombreux projets dernièrement.

[2] En tirant sur la corde jusqu’à ce qu’elle ne bouge plus en hauteur de note.

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