Note : billet datant de mars dernier, repris dans un contexte légèrement différent…

La conjonction de la lecture d’un roman et de la reprise du jardin potager laissé en friche depuis 2 ans m’a amené à réfléchir sur mon parcours professionnel (et forcément lié, personnel) depuis mes premières passions pour l’ornithologie… puis la musique, cette dernière dévorant tout le reste.


Quelques mois plus tard, le même genre de réflexion me reprend alors que je profite de l’air frais (et humide et venteux) pour tailler la haie qui menace mon lien au monde entier, puisque touchant les fils du téléphone (et de l’internet, donc). À l’extérieur, en pleine action physique, à l’exact opposé de ce que j’ai l’habitude de faire quand je travaille sur des sites.

Barrière

Et là je revois ce que j’avais alors envisagé : devenir ornithologue, expert de ce qui touche aux oiseaux, à leur vie, migration, habitat, évolution des populations, etc. Las, les études semées d’embûches (et de cours de math et de biochimie qui m’ennuyaient au plus haut point) sont parties bien trop rapidement pour que je puisse les poursuivre avec efficacité. Aurait-il fallu s’accrocher pour espérer hypothétiquement devenir ornitho ? Peut-être.

Quoi qu’il en soit, en bon capricieux que je suis, j’ai choisi de faire à peu près n’importe quoi à partir de là, ce qui m’a conduit à différentes occupations m’amenant finalement à être technicien du spectacle pendant quelques années. Rôle que j’ai rempli au départ avec passion et… chance du débutant, et qui s’est ensuite avéré devenir un poids, de l’insécurité du travail, aux horaires parfois délirants - voire dangereux - à une technicité qui ne me convenait pas. Parallèlement, j’avais commencé à créer des sites web pour moi, puis pour les amis, puis pour des clients… j’avais commencé ma reconversion.

J’en suis là et je ne suis toujours pas à ma place.

Alors certes, j’ai une certaine expérience et quelques compétences ; je dis bien quelques car je suis lent pour apprendre, ne suis pas très logique (dommage pour du code), et ai du mal à approfondir des sujets… j’ai tendance à préférer rester généraliste et connaître un peu tout mal que bien connaître des choses précises. Ce qui n’est pas une force, à l’heure de la spécialisation des métiers et de la complexification sans cesse croissante des processus de production.
Il faut ajouter à cela l’aspect marketing pour la mise en place de certains projets de communication, le “plus de croissance” attendue grâce à un bon positionnement d’un site… Tout ça est plutôt en opposition avec mon état d’esprit et mes opinions sur le sujet, et ce grand écart n’est pas sans me poser quelques problèmes de conscience.
Le métier qui risque de disparaître, remplacé par des IA, l’évolution hyper rapide des technologies ne font pas bon ménage avec ma lenteur et ma résistance à ce qu’on nomme parfois le progrès et qui me semble souvent plus une dégradation… Tout ça ne me conforte pas dans mon choix actuel.
Bien sûr tout n’est pas noir : le côté formation auprès des client·e·s (contenu accessible, présence sur les réseaux, référencement…) est passionnant, la découverte des domaines qu’il·elle·s exercent également, certains défis de mise en forme d’un design pondu par mon collègue sont chouettes à relever, le fait de rendre les sites les plus qualitatifs et accessibles possibles… c’est une certaine satisfaction.

Mais malgré tout, je sens que ça ne colle pas. Toutes mes activités (que ce soit travail ou perso) se passent quasi exclusivement face à un écran d’ordinateur, et mon corps commence à dire stop. Ma tête aussi.

Besoin d’air, de bouger, d’avoir l’impression d’être plus utile aussi, même si certains aspects de mon métier dans le web sont utiles, oui, bien sûr ; mais je parle d’une utilité plus globale, en relation avec le vaste monde qu’on détruit chaque seconde un peu plus ; apporter ma modeste contribution à sa préservation, autant que faire se peut. Ce qui rejoint mon objectif initial d’être plus près de la nature.

Mais pour le moment je ne suis sûr de rien. Il faut continuer à faire germer des idées, qui sait.