Ma 1ère Route du Rock

Tous les ans, je regardais de loin (c'est le moins qu'on puisse dire, habitant à près de 700 km) la programmation de la Route du Rock, le festival des poppeux et amateurs de rock indé en tout genre. Cette année, non seulement le programme du samedi était alléchant, mais je bénéficiais d'un rapprochement géographique bienvenu. Alors je n'allais pas bouder mon plaisir.

Motivés nous étions à l'assaut de la route pour rejoindre le Fort St Père, lieu de ce festival vieux de 21 ans. On avait guetté les prévisions météo toute la semaine, et le verdict était tombé : on allait se prendre la pluie. Bon.

Arrivés en avance, on attend sagement que les portes s'ouvrent, quelques petites averses, rien de méchant. Arrive l'heure dite, on pénètre à l'intérieur de l'enceinte. On croise des festivaliers en bottes, on se demande presque pourquoi. Idiots de nous. On fait le tour des différents stands - je me fais repérer avec mon T-shirt Shannon Wright vers le stand Vicious Circle - on repère les stands miam, le merchandising (rien de bien terrible à part les tshirts Battles), on se dit que le lieu n'est pas aussi grand que les images d'ArteLiveWeb ne le laissait croire la veille au soir[1].

Et on remet à plus tard les éventuels achats, la remise de CD Mona Kazu à des labels, etc. On a le temps.

Arrive donc l'heure du premier concert, les jeunots de Still Corners, on se campe devant la scène. Et la pluie commence. Groupe très jeune (j'insiste mais ils ne devaient guère avoir plus de 20 ans, s'ils les avaient), style dream pop à chanteuse, forcément, et pas vraiment de morceaux qui s'envolent ou convainquent, on reste un peu sur notre faim, pas mal sans plus.

On attend ensuite Low, groupe que j'aime beaucoup et que je n'ai encore jamais vu. La pluie ne s'arrête pas, elle s'intensifie. Ils attaquent avec du son, Gretsch et saturation en avant, pas forcément à quoi on s'attend connaissant l'habituel calme de leurs compos. Mais on est bien vite embarqué dans leur mélodie vocale imparable, la douceur et puissance émotionnelle de leur set. Marlins est convertie, j'en suis ravi.

On se décide à laisser notre place de choix pour aller se restaurer un peu. On découvre alors avec stupeur l'étendue des dégâts : tout l'espace s'est transformé en une grande plaie boueuse avec de-ci de-là de grosses flaques. Car oui, il pleut toujours. Les habits de pluie commencent à être bien humides, on fait au mieux pour préserver le contenu des sacs à dos et on évite de se tremper les pieds, le reste l'est déjà assez. On refait un tour vers les stands labels qui sont pris d'assaut car bien au sec, je finis par réussir à me frayer un chemin pour refiler un CD (humide) de Mona Kazu à Vicious Circle. Du coup, on suit de loin le concert de Cults en mangeant un sandwich au pain humide qui se détrempe à mesure que la pluie l'imbibe... Rien de bien mémorable honnêtement.

On se rapproche de la scène pour attendre Blonde Redhead dont le tournant plus calme et synthétique sur disque ne lasse pas de nous surprendre, en plus ou moins bien. On s'aperçoit qu'en approchant de la scène, non seulement la boue y est bien présente, mais une partie de l'auditoire commence à s'alcooliser et à devenir lourd et con, le corollaire habituel. Bon. Et il pleut toujours, mais était-ce besoin de le préciser ?
Le concert attaque, et malgré la complexité des arrangements des derniers albums, ils sont toujours 3 sur scène, les 2 frères Pace et Kazu Makino, chanteuse et - de plus en plus - sex-symbol du groupe. Du coup, on s'aperçoit vite que pour chaque morceaux, même les plus anciens dépouillés, ils jouent avec des bandes, incluant du clavier, des boucles rythmiques ou même des voix. On ne les sent pas forcément à l'aise tout le temps, l'impression de combler le peu de choses qui n'est pas pré-enregistré - j'exagère à peine - et une fois la bande finie, de vouloir prouver qu'ils savent quand même jouer sans et improviser sans réelle conviction. Certains morceaux passent mieux que d'autres, mais au final on ressort plutôt mitigés du concert de ce groupe dont on avait précédemment aimé les concerts plus bruts.

A minuit passé, la pluie ne s'arrêtant décidément pas, notre limite physique et mentale étant dépassée, nous décidons la mort dans l'âme de repartir sans attendre le concert des Kills ni surtout de Battles programmé à 2h30 (!) et qui de l'avis de nombreux témoignages sur le net était juste incroyable.

On arrive au parking qui se trouve dans un champ lui aussi détrempé, on se change (on avait eu la présence d'esprit de prendre des vêtements de rechange...) et on réussit après moult glissades à sortir la voiture du bourbier en devenir. Quelques kilomètres plus loin, il ne pleut plus. A croire qu'un nuage est resté en stationnement au-dessus du Fort St Père durant toute la soirée...

Bilan : un beau jour de festival, lieu à taille humaine (enfin presque), de chouettes concerts, en dépit de la pluie qui a mis à bas notre détermination à tenir jusqu'au bout. La prochaine fois, s'il y en a une, c'est bottes et ciré.


PS : Pour ceux qui voudraient voir tout ça, tous les concerts cités (sauf celui de Cults) sont disponibles en vidéos et pour 3 mois sur Arte Live Web ; à l'heure où j'écris seul le concert de The Kills attend la validation des artistes pour être diffusé. Je recommande particulièrement Low & Battles. Pour les autres jours, Sebadoh et Suuns (qu'il me tarde de voir).

PS 2 : lendemain passé à laver, faire sécher le linge, les sacs, les chaussures, les papiers presque protégés par le portefeuille et à tenter de réanimer un téléphone portable qui ne résista finalement pas à l'humidité accumulée ce soir-là.
Et comme j'ai bien fait de ne pas prendre mon appareil photo ce jour-là.

Notes

[1] Ils retransmettaient certains concerts en direct.

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