Confiscation du vivant, suite.

Après les mises en garde de Jean Pierre Berlan à propos de la marchandisation des ressources génétiques de la planète (excellent bouquin la guerre au vivant paru chez agone en 2001), nous voilà face au développement de ces pratiques à une autre échelle.

Tout ça pourrait prêter à sourire si ça n'était vrai, mais hélas, ça se confirme.

Ci-dessous un petit résumé des derniers rebondissements.

"La nouvelle avait perturbé les ondes.

Un chroniqueur horticole courageux s'insurgeait, sur France Inter, de la parution imminente d'un décret (prenant effet en date du 01 juillet 2006), qui l'empêcherait dorénavant de donner à ses auditeurs des recettes leur permettant de traiter naturellement leurs jardins et balcons.

Interdit de dire que l'eau chaude est un bon désherbant pour les allées.

Interdit de dire que de simples feuilles de fougère éloignent les chenilles des choux.

Interdit de donner la recette séculaire d'un extrait d'ortie, appelé purin !

L'information paraissait si énorme que personne n'y a cru !

L'interdiction de fournir, par quelque moyen que ce soit, les recettes pour confectionner des produits naturels non-homologués, le simple fait d'en parler, avait beau être assortie d'une peine 2 ans de prison et 75000 euros d'amende, elle faisait sourire !

Et pourtant l'action menée vendredi dernier conjointement par les services de l'Inspection Nationale des Enquêtes de Concurrence, de Consommation et de Répression des Fraudes et le Service Régional de la Protection des Végétaux de l'Ain chez un promoteur de techniques agricoles alternatives marque un tournant nouveau dans ce que l'on appelle désormais la guerre de l'ortie !

L'intervention des services de l'état s'est conclue par la saisie de cours théoriques (quid de la liberté d'expression et d'enseignement ?), la profération de menaces non dissimulées et l'interdiction de pratiques aussi diverses et incongrues que celles d'aller récolter avec les stagiaires des plantes sauvages dans la nature !

Qu'on se le dise, il est donc bien désormais interdit de faire référence et de transmettre des savoirs et traditions populaires séculaires qui sont pourtant un inaliénable bien commun !

Voilà pourquoi l'Association des Amis de l'ortie souhaite interpeller les pouvoirs publics et sollicite pour cela le soutien des médias concernés par une telle confiscation de nos libertés fondamentales.

Comment un décret pourrait-il amputer les citoyens d'un pays de leur mémoire collective ?

En vertu de quel principe un décret prive-t-il le citoyen de ses droits démocratiques les plus élémentaires, à savoir celui d'expression, gravement menacé ici, mais aussi celui du choix de cultiver son jardin comme il l'entend ?

C'est Voltaire qui doit se retourner dans sa tombe ?

Qui a pu initier une telle ineptie législative qui prétend confisquer le savoir des anciens et prône l'inquisition contre les techniques alternatives et naturelles de production, qui jusqu'à preuve du contraire ne sont que bénéfique pour la santé publique ?

Voilà quelques-unes des interrogations soulevées par l'intervention des pouvoirs publics jeudi dernier, qui a n'en pas douter sera la première d'une longue série, si une mobilisation rapide ne vient pas mettre un frein à cette nouvelle vague répressive."

Bernard Bertrand, porte parole de l'association des Amis de l'ortie.
Dominique Jeannot, président de l'association des Amis de l'Ortie


Plus rien ne semble arrêter ce gouvernement votant des lois ouvertement pour les intérêts des actionnaires des géants de l'agro-alimentaire et agro-chimie.
Comme à chaque fois, l'intérêt pour la santé est complètement occulté devant les marchés colossaux que représentent les engrais, les pesticides qui comme chacun sait, sont tout à fait inoffensifs...

D'un côté, on communique* sur le principe de précaution tous azimuts, d'un autre on interdit des pratiques séculaires et saines pour la nature et l'homme. Où est la cohérence ?

Quelques liens utiles sur le sujet : 1er, 2e, 3e...

*et si je dis communique, c'est que ça ne va guère plus loin hélas...

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