Envisager l'infinir

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30 août 2015

Rendez-moi la radio que j'aimais

Outre la médiatite aiguë évoquée précédemment qui me fait me détourner de nombreux journaux et émissions de débat sur ma radio auparavant préférée, je ne suis pas le seul à constater depuis plusieurs saisons, la déliquescence des programmes.

La fin de ceux - qui étaient souvent en direct - diffusés la nuit, remplacés par des rediffusions de la journée écoulée, est assez symptomatique des réductions de budget en cours, pour le pire. J’avais en effet un attachement particulier pour ces émissions qui nous accompagnaient sur la route, ou lors d’insomnie, où on se sentait bien avec les invités, où la création artistique hors des sentiers battus avait encore sa place ; je pense notamment à “Sous les étoiles exactement” de Serge Le Vaillant. Outre la nuit, la journée n’est maintenant guère mieux lotie, avec ses animateurs tête-à-claques du matin (à 9h et 11h), ses amuseurs de plus en plus polis et fades, ses émissions aux thèmes et tons discutables, entre autre.

Mais le constat est encore plus frappant depuis la rentrée 2014 (et en constante progression depuis) : la qualité globale des émissions baisse, la disparition d’émissions phare notamment pour la découverte musicale est terrible, la programmation est juste effarante (du Johnny, sur Inter, vraiment ???) et répétitive (la Marie Christine qui couine, ASSEZ !!!).

Le vase a débordé quand je me suis aperçu qu’une émission de la grille d’été animée par Philippe Katerine, vous savez “Et je coupe le son, et je remets le son” et autre “Laissez-moi manger ma banane”, était pérennisée à la rentrée pour une émission hebdomadaire le samedi soir à 20h : il faut tenter une fois de l’écouter pour se rendre compte du grand n’importe quoi, du vide sidéral qu’elle laisse apparaître sans fard. C’est de l’entertainment à la française, de l’amusement, de l’art contemporain (qu’on n’y comprend rien) en radio, du happening, ce que vous voulez.

J’ai du mal à comprendre comment on peut se moquer à ce point de ses auditeurs. Pour ma part, c’est assez simple mais pénible : j’écoute de moins en moins, et quand il s’agit encore de (rares) émissions fréquentables, dès qu’un titre ou une émission ou un intervenant me gonfle, j’éteins.

Billet rédigé en écoutant la Black Session de Broadcast, diffusée en direct sur France Inter en 2000. Une autre époque.

26 août 2015

Médiatite aiguë

L’expérience est à la fois intéressante et traumatisante : être volontairement coupé du monde[1] pendant une dizaine de jours fait un bien fou, on se rend compte à quel point le flux continu d’informations (négatives, car la plupart le sont) agit de façon conséquente sur le moral.

Rien de tel que de profiter pendant 4 jours d’un festival en bord de mer (ou presque) sans autre préoccupation qu’assister à de chouettes concerts dans de bonnes conditions avec du monde mais pas trop (sauf le samedi), des festivaliers cools…
Profiter ensuite, malgré les divers maux, d’une vue imprenable sur l’archipel des 7 îles, faire un tour en bateau, se balader sur la côte, voir plein d’oiseaux, la patrouille de France, faire des photos, manger des fruits de mer…

Alors il faut avouer, le retour à la vie réelle[2] est rude, l’impression qu’on dérive vers toujours plus de sensationnel, qu’on laisse de plus en plus la parole à des fauteurs de troubles, des agitateurs inconscients, des incapables dirigeants, des populistes détestables et qu’on regarde la société se déliter sans réagir, voire avec un petit sourire en coin : c’est bon pour l’audience.

C’est étrange, cette sensation est la même que j’ai éprouvée quand j’ai vu à nouveau un écran de télévision allumé avec une émission de reportages (donc pas ce qu’il y a de pire) & des pubs après des années de sevrage : comme un vertige, une incompréhension, une coupure entre ce que je vis et ce qu’on nous montre, ce qu’on veut nous imposer. Je ne veux pas dire que je navigue dans le monde des bisounours, je pense avoir les pieds sur terre, mais tant de spectacle médiatique donne assez peu d’espoir sur la poursuite de la chute vers des abysses de la politique et dans son sillage, de la société… avec des conséquences qu’on voit déjà, hélas.

Se tenir informé ou se préserver un minimum ? Vaste question. La violence des actes et des paroles depuis le début de l’année m’incite à m’éloigner un tant soit peu de certaines sources d’information, dont la radio, notamment celle qui depuis des années m’informait, me distrayait, et m’agace maintenant prodigieusement par sa suffisance, sa programmation pourrie, ses émissions qui déclinent.

Notes

[1] Entendons-nous bien, quand je dis coupé du monde, c’est juste de la radio et des flux d’infos habituels.

[2] Mais ce qu’on entend à la radio “officielle” est-il vraiment la vie réelle ?

4 mars 2015

Larme

À chaque fois que je regarde une émission de télévision grand public (sur le web), je comprends pourquoi je n’ai plus de poste chez moi (ou presque, comprenne qui peut).

Après avoir regardé l’édifiant documentaire sur la troïka sur Arte+7, et voyant passer des tweets sur une autre qui était en cours, je me connecte donc sur le site de France2 pour suivre en direct les 3/4 restants de “Cash Investigation” qui parle ce soir-là des entreprises gérées (ou liquidées) par des fonds spéculatifs et leur impact sur l’emploi et les conditions de travail. On note au passage le titre évocateur : “Quand les actionnaires s’en prennent à nos emplois”.

J’avais déjà entendu parler de cette émission et de son concept - qui se comprend d’ailleurs quasiment à la lecture de son titre - plutôt en bien, voyons donc ce qu’il en est.

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27 novembre 2012

La presse musicale n'a aucune honte

Même si je précise musicale, le reste de la presse n'est pour moi pas plus inspirée. Je ne vais pas revenir sur de nombreux titres nauséabonds à faire bondir, de nombreux articles puants - et je ne parle pas des commentaires - quand ce ne sont pas certains écrits avec les pieds (qui puent, cela va de soi).

Bon. Revenons à nos moutons. Ça faisait longtemps que je n'avais eu entre les mains un exemplaire du magazine "Les Inrocks" qui fut un temps - lointain - était une la référence en matière de presse musicale (indie & vaguement intello, quand même), avec une maquette sobre et en noir & blanc, une périodicité mensuelle et des articles fouillés et non racoleurs. Depuis son passage à un hebdo traitant d'à peu près tout, d'aucuns avancent qu'on y a perdu au change. Je peux difficilement leur donner tort.

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30 décembre 2011

Et Inter devint rance

Ça fait un bon moment que j'ai envie d'en parler, alors voilà : France Inter est devenu chiant.

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22 août 2011

Tu la sens là, ma phrase morbide ?

Ce titre en forme de coup de gueule du soir après avoir lu une énième chronique qui n'a encore rien compris.

Pourquoi, oui pourquoi faut-il que les chroniqueurs pensent systématiquement que les chansons - de quelque style que ce soit - exprimant une émotion, une atmosphère qui sort de l'ordinaire (=pas joyeuse ou enjouée ou rythmée ou franchouillarde...) donnent envie de se suicider ? Pourquoi ont-ils cette propension à les qualifier de morbides[1] quand bien même il n'y est pas question de mort, de maladie ou autre dérive. Non, c'est tellement plus simple de mettre ça dans un sac, sous l'étiquette musique dépressive sans aller chercher plus loin.

Hey sans déconner les gars, évoluez un peu. La musique n'est pas le mainstream. Laissez-lui le champ ouvert d'une multitude d'émotions qui sont LA VIE et arrêtez de formater vos commentaires et lecteurs.

Notes

[1] adjectif qui rappelons-le n'a rien à voir avec la mort, mais avec la maladie, ou la perversité.

20 février 2008

Amalgame journalistique

Ce matin, en écoutant la radio (celle qui s'auto-proclame différente), j'ai eu la surprise d'entendre une journaliste, en évoquant les 1500 euros d'Assedic que touchait un député-maire parler de RMI. Sa langue a-t-elle fourché ? Ou est-ce l'émotion ? Doit-on comprendre qu'un rmiste toucherait 1500 euros par mois ?

Tout d'abord, on peut revenir rapidement sur cette affaire où le député-maire, le cœur sur la main, jure qu'il a contacté l'Assedic pour signaler cette erreur et qu'il remboursera les sommes versées indûment. Voir. Pour quelqu'un qui est censé représenter le peuple, on ne peut que se féliciter de sa propension à se mettre au niveau des plus pauvres. Mais là n'est pas le propos de ce billet.

Dérapage

Une fois de plus, ce genre de dérapage du langage participe à l'amalgame désormais habituel mais dangereux que l'on fait des bénéficiaires du RMI. Sous entendu ce sont de sales profiteurs qui en plus ont grave les moyens - tu penses, 1500 euros ! Contamination des esprits qui, des politiques atteint maintenant sans vergogne même les journalistes les plus innocents... je veux dire, pas JP Pernault ni JP Elkabbach qui sont irrécupérables depuis fort longtemps.

17 décembre 2007

N'en jetez plus !

Ou la pipolisation de l'actualité est désormais acquise

Rien ne semble compter autant maintenant que de mélanger de façon naturelle les affaires privées des personnages publics.

En quelques heures, je relève ce maljournalisme chronique sur des chaînes de service public radio et tv...

Une interview de Laure Manaudou d'abord, où on lui demande des détails (croustillants si possible) sur son altercation avec son ex. La France est pendue à ses lèvres, bien évidemment.

Et ce matin, là, il y a quelques minutes, on apprend LA nouvelle du jour... un certain NS a été pris en photo avec une certaine CB dans un parc d'attraction d'origine étatsunienne. Mon dieu que c'est passionnant !

Mais en fait, ça me fait penser que j'ai un scoop extraordinaire à propos de ce même NS : il a très mal digéré un des repas pris avec un MK en visite la semaine dernière, il a fait un pet de travers qui a rendu furax son altesse le guide suprême qui du coup est allé se défouler à la chasse sur nos terres... non sans avoir auparavant réclamé un harem. Là ya de l'info ou je m'y connais pas !

Et pendant ce temps...

1 décembre 2006

"M$ le plus mieux bien"

"Aujourd'hui, Micro$oft lance son nouveau Windows Vista, qui doit permettre à la firme de garder son avance face à la concurrence ; et quelle avance ! en effet, près de 90% des 900 millions de PC tournent avec Windows"

Le journaliste ne se doit-il pas d'avoir un esprit toujours critique face à l'information qu'il reçoit et qu'il transmet ? Ah France Intox vaut bien mieux que ça, c'est certain.

Donc, M$ a de l'avance sur ses concurrents ? Et pourquoi il a de l'avance ? Hein ? Ce serait pas des fois parce que la plate-forme Windows est installée d'office sur tous les pc vendus ? Et qu'il faut tout virer pour réinstaller un autre système libre ? Et que beaucoup de gens n'ont pas le courage ni l'envie de le faire alors qu'ils sont d'ores et déjà liés et contrôlés par M$ ?

C'est pas grand chose, mais ça m'a sauté aux oreilles hier matin, et ça m'a mis la fièvre les nerfs.

11 octobre 2006

Sondages = non, rien.

Je l'évoquais il y a peu, à l'aide d'une citation de maître Eolas (blogueur désormais incontournable), la bulle médiatique et politique gonflée par les sondages préélectoraux n'est que poursuite de vent.

D'autres le disent bien mieux que moi en argumentant - parfois longuement - sur le bien-fondé des enquêtes d'opinions, et surtout de leur interprêtation par tel ou tel, média ou politique : deux articles donc, particulièrement instructifs, l'un sur le monde diplo, l'autre sur le fameux site Acrimed.

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